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Pensez-vous être sorti(e) de la caverne ?

Sujet : coaching - Challenges ---------

Temps de lecture : 4 min --------------


Je vous parlerai ici de la caverne de Platon et non de celle de nos ancêtres. Mais tout d’abord, pour étailler ce sujet, commençons avec Emmanuel Kant.


D’après celui-ci, une majorité d’Hommes resterait soumise aux autorités politiques, morales et intellectuelles alors qu’il leurs suffirait d’exercer leur raison et de penser par eux-mêmes pour devenir indépendants. C’est ainsi qu’il soutient que la sortie de l'Homme de son état de minorité (enfant = mineur) est un processus qui est loin d’être achevé. Ce dernier compare ainsi l'Humanité à un enfant que l'on empêche de grandir ou qui s'empêche lui-même de s’élever. L’idée est de se dégager d’une tutelle autoritaire et institutionnelle exigeante en exerçant soi-même son esprit. C’est ce qui correspondrait à l’accession à la majorité.


Kant introduit également une autre comparaison mais cette fois-ci entre les Hommes et les animaux domestiques. De son point de vue, les Hommes exagèrent les dangers auxquels ils s'exposent en « sortant de leur enclos ». De nos jours, il serait plus à même de parler de « sortie de zone de confort ». Les enfants eux-mêmes, dès lors qu’ils apprennent à marcher font souvent des chutes et n’en connaissent pas de conséquences graves. En effet, il a été montré que plus de 2000 chutes sont nécessaires avant de tenir en équilibre sur ces deux jambes et de marcher. Néanmoins, il nous paraît toujours plus facile de rester dans notre minorité car cela n’exige pas d’efforts particuliers : nous nous laissons donc porter.


Il explique notamment les raisons pour lesquelles sortir de la minorité apparaît comme un exploit, pour chaque individu pris séparément.

La 1ère raison est que l'état de minorité tend à devenir une habitude. Cela devient une « seconde nature », si bien que nous sommes devenu(e)s incapables de nous servir de notre propre entendement.

La 2ème raison est que personne ne nous a laissé en faire l'essai. De même qu'un enfant apprend à marcher en se faisant aider, il est uniquement possible de penser par soi-même en se faisant accompagner par des guides qui désirent nous éclairer. Ces guides étant les personnes ayant accédés à l’état de majorité (par opposition à celui de minorité).


Alors, partant de ce postulat, un parallèle entre les idées précédemment exposées et l'allégorie de la Caverne de Platon (dans République, Livre VII) peut aider à répondre à des questionnements que nous avons et à comprendre certaines de nos réflexions.


Pour commencer, qu’est-ce qu’une allégorie ? Une allégorie est une image, et celle que propose Platon reste encore très parlante de nos jours. Elle présente une idée simple : les Hommes sont prisonniers des chaînes de l'opinion et doivent faire des efforts douloureux pour s'en libérer. Afin de planter le décor, en voici le début :

« …. Figure-toi des hommes dans une demeure souterraine, en forme de caverne, ayant sur toute sa largeur une entrée ouverte à la lumière. Ces hommes sont là depuis leur enfance, les jambes et le cou enchaînés, de sorte qu'ils ne peuvent bouger ni voir ailleurs que devant eux, la chaîne les empêchant de tourner la tête. La lumière leur vient d'un feu allumé sur une hauteur, au loin derrière eux. Entre le feu et les prisonniers passe une route élevée. Imagine que le long de cette route est construit un petit mur, pareil aux cloisons que les montreurs de marionnettes dressent devant eux, et au-dessus desquelles ils font voir leurs merveilles. »


D’après lui, nous sommes nés enchaînés, prisonniers et amenés à vivre dans un décor que nous n’avons pas créé. Sans faire ici de politique mais ramenée à notre époque et à une dimension plus individuelle, je vous pose la question suivante : les chaînes ne sont-elles pas un prisme que nous ne cessons de consolider afin de mieux nous entraver ?

Hum….. Good question !!!


L’auto-sabotage, vous connaissez ? La peur de la réussite, vous connaissez ?

Ne nous arrive-t-il pas, plus que nous le pensons, de nous tirer une balle dans le pied ?

N’oubliez pas que notre cerveau est aussi là pour nous protéger… de nos pensées, de nos peurs hypothétiques, de notre anxiété inconsciente ou exprimée.

Comment ? En nous cloisonnant et en nous enfermant dans ce que nous connaissons ou croyons connaître.

Selon Platon, bercés par les peurs et les préjugés, la plupart des Hommes vivent sous le joug du monde de l’opinion. La solution ? S’observer, opérer une révolution dans notre manière de percevoir les choses et élargir notre regard.

Pour cela, la connaissance de soi est la pierre angulaire qui conditionne notre ouverture au monde. A travers l’allégorie, il souhaite nous montrer qu’il y a la Caverne et l’extérieur de celle-ci ; c’est ce qu’il assimile au monde de la connaissance. Il implique d’assumer ce que sont nos ressentis, notre réalité, nos envies. Le monde de l’opinion n’est donc plus un frein et/ou source de doutes voire de honte car le monde de la connaissance nous est accessible et renferme la possibilité de nous délivrer.


L’idée est de sortir de nos peurs pour aller vers l’expérimentation de ce qui pourrait infiniment nous bénéficier. Il est sûr que, dans un premier temps, en sortant de la Caverne, le soleil nous éblouit. Puis, petit à petit, nous nous habituons pour continuer à affirmer nos pensées en nous délestant totalement de l’opinion des gens.


Actuellement, de plus en plus d’adultes (entendre « ex-enfants ») font ce choix et franchissent le cap afin de s’épanouir réellement. Les vraies questions qu’ils se sont posées sont « est-ce que je souhaite passer ma vie dans un état de semi-frustration car privé(e), par le poids de l’opinion, de ce vers quoi je souhaite aller ? », ou alors « est-ce que je veux enfin me délester de pseudos obstacles pour me diriger et m’affirmer dans ce pour quoi je suis fait ? ».


Ils ont désormais trouvé la volonté de s’affranchir de certains préjugés et d’ôter les chaînes qu’ils ont pu se créer. Leur prisme, voire leur paradigme, ainsi change pour leurs offrir une réelle capacité à se déployer.


Article écrit le 20 juillet 2021


Léa AGBO - Entrepreneur & Coach

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