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Le triangle de Karpman, ça vous parle ?

Dernière mise à jour : 22 janv.

Sujet : coaching - Challenges -------

Temps de lecture : 4 min ------------


Tout d’abord, en quoi cette connaissance pourrait-elle me servir me demanderez-vous ? C’est une très bonne question. En effet, le triangle de Karpman pourrait, de prime abord, apparaître comme un concept facilement identifiable car stéréotypé.

Le persécuteur avec sa tête de méchant. La victime avec sa tête de gentil. Et le sauveur avec son attitude de Superman ou de Mère Theresa … au choix.

Mais, ne vous y trompez pas. Il est possible de retrouver cette figure d’analyse transactionnelle, proposée par Stephen Karpman en 1968, dans n’importe quels types de relations et à n’importe quels niveaux d’intimité et d’intensité. Aucune limite n’est ici envisagée. Il est, par conséquent, tout à fait concevable que ce joue le triangle dans les relations professionnelles, amicales, affectives ou encore familiales.

Pour cela, il suffit d’un scénario relationnel « propice » et subtil, favorable à l’entrée en scènes des personnages.


Karpman a ainsi mis en lumière un jeu psychologique entre personnes capables d’incarner trois rôles, et ce indépendamment de critères socio-culturels évidents.


Présentation des rôles

La victime …

… impuissante, sans espoir, elle semble être incapable de prendre des décisions ou de résoudre des problèmes. La personne jouant ce rôle attire ainsi à elle un sauveur qui endosse la mission de la défendre et de la préserver. Elle peut également attirer un persécuteur, si elle n’est pas déjà opprimée.


Ses croyances l’incitent à penser qu’elle ne peut (res)sentir et penser en même temps. C’est d’ailleurs pourquoi elle néglige ses ressources alors qu’elles lui permettraient de faire face.


L’intérêt de la personne jouant ce rôle réside dans l'attention sur soi. Dès lors, un problème de dépendance lui est rattaché.


Le sauveur …

… se sent coupable s’il ne va pas à la rescousse.

Il attend donc un persécuteur pour justifier son existence auprès d’une victime à sauver.


Ses croyances l’incitent à penser qu’il doit toujours être plus « responsable » et à en faire plus que demandé. C’est d’ailleurs pourquoi il néglige ses besoins personnels et pense à la place des autres.


L’intérêt de la personne interprétant ce rôle réside dans l’évitement des problèmes propres à soi déguisés en préoccupation pour les besoins de la victime. C'est également un rôle très gratifiant d'un point de vue narcissique.


Le persécuteur …

… agit directement sur la victime en culpabilisant, contrôlant, blâmant, critiquant et oppressant. C’est un rôle dans lequel la personne fait preuve d’autorité, de rigidité, de supériorité, et peut facilement manifester de l’agressivité à travers de la colère explicitement exprimée.


Ses croyances l’incitent à penser qu’il a du pouvoir sur les autres. C’est d’ailleurs pour cela qu’il en néglige les sentiments et qu’il agit uniquement dans son intérêt.


La personne incarnant ce rôle a pour but de se protéger des relations. Sa posture lui permet, en effet, de prendre l’ascendant sur certaines personnes tout en en écartant d’autres.


A noter que le persécuteur peut ne pas être une personne mais une maladie ou une addiction. Ce « personnage » se réfère à tout élément contribuant à ce que la victime se positionne en tant que telle et reste dans son rôle.


Les conditions d’un triangle en action

L’Analyse Transactionnelle nous offre 3 constats :

  1. Le triangle de Karpman apparaît lorsqu’une personne joue le rôle de victime ou de persécuteur.

  2. Cette personne ressent alors le besoin d’enrôler un ou plusieurs autre(s) acteur(s). Un sauveur est souvent encouragé à combler ce déficit en premier.

  3. Même s’ils ont tendance à avoir une « posture » principale ou habituelle, les joueurs assument des rôles non statiques. C’est ainsi que peuvent se produire divers scénarios. La victime peut, par exemple, mettre le sauveur en marche, le sauveur passe ensuite en mode persécuteur, etc...


Les motivations et les raisons

Les raisons pour lesquelles le triangle perdure sont motivées par des facteurs simples.

Tout d’abord, chaque participant répond à ses désirs et besoins psychologiques non exprimés (et souvent inconscients) de manière égoïste mais qu’il juge justifiée.

De plus, aucun participant n’entrevoit la réelle nécessité de reconnaître un dysfonctionnement ou le tort causé par la succession des rôles incarnés.


La relation victime-sauveur est très souvent et très largement composée de co-dépendance. Le sauveur garde la victime dépendante de lui en l’encourageant à apprécier ce rôle. Les besoins de la victime sont ainsi comblés par le sauveur qui s’occupe d’eux. Réciproquement, les besoins du sauveur sont comblés par une victime qui lui donne l’occasion de s’occuper des besoins de celle-ci et non des siens.


Le rôle de persécuteur naît, quant à lui, assez fréquemment d’une victime décidée à se protéger et à se venger, ou encore d’un sauveur fatigué face à une victime pas si facile à manœuvrer. Dans les 2 cas, un besoin de prendre le dessus est avéré.


Comment sortir du triangle de Karpman ? – La vraie question

The Winner’s Triangle, publié par Acey Choy en 1990, a montré comment modifier nos interactions et 3 postures y sont préconisées :


  • Lorsqu’il s’agit du rôle de victime, aller vers une posture vulnérable est indiqué. La personne est donc encouragée à accepter sa vulnérabilité, à résoudre ses problèmes et à être plus consciente d’elle-même. Cela passe par le fait d’avoir et de tester ses propres idées. Bien sûr, une aide peut être la bienvenue mais sans perdre de vue notre autonomie et nos responsabilités.

  • Concernant le rôle du sauveur, il lui est demandé de réagir en adoptant une posture de bienveillance. La personne est ainsi encouragée à faire preuve d’un réel altruisme. Cela passe par la connaissance de ses propres limites et, pour ce faire, une prise de conscience de ses propres besoins est indispensable.

  • Enfin, pour ce qui est du rôle du persécuteur, il y est recommandé de consentir à une posture affirmée. La personne est ainsi encouragée à formuler ce qu’elle veut et à l’assumer. Cela passe par le fait de pouvoir se dire que l’on peut changer les choses. Pour cela, prendre des initiatives, apporter des modifications, négocier, souhaiter devenir inspirant(e) sont d’excellents moyens pour y arriver.


Vous l’aurez compris, la clé est d’avoir le souhait de se responsabiliser.

Il est impératif de cultiver le désir d’aller chercher notre épanouissement à travers un moi beaucoup plus sain, joyeux et vivant, pour notre propre apaisement.

Mais comment devenir responsable me demanderez-vous ? Et je vous répondrai : en étant conscient d’être dans le triangle, premièrement. Puis, en identifiant le rôle que nous jouons le plus souvent. La troisième étape est de prendre conscience de la souffrance générée pour vouloir dire stop et définitivement nous en libérer.


Article écrit le 27 juillet 2021


Léa AGBO - Entrepreneur & Coach

AGBO Business Consulting

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